excentrée


La sexualité est un droit, l’orgasme devient un devoir
septembre 2, 2007, 6:31
Classé dans : Non, rien, Tu Vas Tous Mourir

Une brève radiophonique entendue ce matin m’informait que l’on fait désormais des injections de Botox au niveau du point G pour amplifier l’orgasme féminin.
Alors que des milliers de femmes sont encore excisées de nos jours, que des millions de femmes n’ont jamais connu et ne connaîtront jamais l’orgasme, que le plaisir féminin n’est pas même considéré comme important par la majorité des êtres humains dans le monde, certaines vont se faire injecter du Botox pour jouir plus fort.
En soi, ceci pourrait se défendre : après tout, on peut comprendre qu’une telle sensation, que dis-je, phénoménale expérience, procure le désir de l’amplifier encore. La gourmandise est rarement raisonnable.
Le petit souci, c’est que cette “avancée scientifique” (ou “opération esthétique” ?) qui pourrait sembler anodine, simplement faire sourire, n’est pas si inconséquente qu’il n’y paraît…
Je repense aux mots entendus récemment lors d’une Théma d’Arte sur “Mahomet et les femmes” : j’y apprenais alors que Mahomet avait établi dans le Coran que la jouissance féminine était un droit.
Nul besoin de revenir en détails sur la Révolution Sexuelle de nos années 60-70, ni sur l’art du Kama-Sutra, on sait bien qu’il a toujours été des régions et des moments du monde où l’on a érigé la jouissance sexuelle au rang d’art accessible à tout un chacun.
Là où l’on a souvent présenté la sexualité, sous quelque forme respectueuse d’autrui qu’elle s’exprimât, comme un droit, l’on présente de plus en plus, et la vogue du porno-chic y est pour quelque chose, l’orgasme comme un devoir. Et c’est là que le vît blesse.
Prendre du Viagra pour lutter contre l’impuissance est une chose, en prendre pour démultiplier son plaisir pourtant naturellement présent en est une autre.
Se faire injecter du Botox au niveau du point G (et pourquoi pas au niveau du clitoris, ce qui arrivera sans doute) pour requinquer un organe défaillant serait une chose, mais l’on n’y a pensé que pour démultiplier un orgasme pré-séant.
A doper notre sexualité comme d’autres se dopent pour des pseudo-exploits sportifs, non seulement on encourage davantage notre tendance à l’insatisfaction permanente, mais en plus on tend à se détacher de notre corps, croyant paradoxalement ce-faisant s’en rapprocher.
L’être humain devient une machine qui actionne ses propres boutons dans de déjà nombreux domaines, agir de même dans la plus animale de nos parts, la sexualité, c’est renier une fois de trop ce qui définit notre condition : l’aléatoire.
Notre prétention nous perdra.


12 commentaires jusqu'à présent
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J’ai pourtant vu (aussi dans un Théma sur Arte) que le point G n’était pas défini systématiquement, il faudrait qu’on m’explique comment est-ce possible…

Moi je n’appelle pas ça de la prétention, mais de l’orgueil !

Caresses et bises à l’oeil…

Commentaire par Berlin Belleville septembre 2, 2007 @ 11:16

Je suis d’accord avec le fond de ta pensée, mais comme Berlin Belleville, je pensais moi aussi que le point G n’avait rien de scientifiquement défini y compris au niveau purement anatomique.

Commentaire par cr0vax septembre 3, 2007 @ 4:35

comment se fesse que l’orgasme augmente avec des injections d’un truc qui paralyse?

Commentaire par griz septembre 4, 2007 @ 9:58

Le culte de la performance a envahi la sexualité??! Mouais, je ne vois rien là d’étonnant, dans la mesure où la course est lancée depuis longtemps dans tous les autres domaines, y compris ceux liés à la sexualité: être la plus mince, avoir la plus belle poitrine, avoir le plus gros pénis, être un bon amant… Logique, dès lors, que l’on finisse par se tourner vers la médecine pour combler une attente (et pas forcément un devoir) que l’on sait ne jamais pouvoir trouver systématiquement de manière naturelle. Comme on l’a fait pour la poitrine, le surplus de graisse, ou même le sexe masculin…

J’ignore si l’on peut parler de “détachement” de notre corps, mais ce qui est triste, avant tout, c’est de se dire que l’orgasme perd avec sa rareté ce qui fait l’essentiel de son charme: au lieu d’être le résultat d’une alchimie particulière entre le bon coup et l’osmose passionnelle des amants, il devient une sorte d’issue automatique du rapport. Agréable probablement, mais tristement automatique quand même.

Commentaire par vinsh septembre 5, 2007 @ 3:49

depuis l’ass bleaching, j’m'attend à tout

Commentaire par boultan septembre 11, 2007 @ 12:45

“dans la plus animale de nos parts”
Relent de christianisme, là.
Rien d’animal - vous vouliez dire “organique” ? Car les animaux seulement se reproduisent alors que les humains ont des relations érotiques - je vous invite à lire Georges Bataille.

Commentaire par grellety septembre 17, 2007 @ 1:48

il n’y a aucun relent de christianisme dans le propos de l’agnostique que je suis… les animaux aussi -pour certaines espèces du moins- ont des relations érotiques, ce n’est pas le ‘propre’ de l’homme : sinon, l’homosexualité n’aurait été constatée chez aucune espèce animale, et les relations sociales (chez certains primates notamment) ne seraient pas régies par la sexualité… je vous invite à mon tour à lire “les origines animales de la culture”, de dominique lestel ;)

Commentaire par lara (excentrée) septembre 17, 2007 @ 11:32

Parce que l’érotisme se confond avec l’homosexualité ? En plus parler d’HOMO sexualité pour désigner des relations entre des animaux de même sexe… Merci pour le conseil de lecture. Je veux bien, mais vous avez écrit “la plus animale de nos parts”, or les relations érotiques humaines ne sont pas animales…

Commentaire par grellety septembre 18, 2007 @ 4:52

j’ai horreur qu’on déforme mes propos, je vais donc tenter de les clarifier pour en interdire toute ré-itération. je ne confonds pas érotisme et homosexualité, quoiqu’ils se confondent dans la pratique fort heureusement : je démontrais ainsi que le sexe pour le sexe existait chez les animaux, et que la finalité de leur sexualité n’est pas uniquement reproductrice, CQFD. N’oubliez pas que le préfixe homo- (comme dans homonymie) veut dire “même, semblable, pareil” en grec et que votre remarque n’a donc pas lieu d’être.
Et les relations érotiques ne sont pas réservées aux seuls humains… Au final, là où vous accusiez des supposés relents de christianisme, vous n’êtes pas loin d’en exhaler de bien plus empiristes.

Commentaire par lara (excentrée) septembre 18, 2007 @ 5:08

Bien dit !

Comment va à part ça ?

Des bises.

Commentaire par Juliette septembre 18, 2007 @ 5:59

Vous avez démontré ? Démontré ? Vous êtes bien certaine ? Quant à “je ne confonds pas érotisme et homosexualité, quoiqu’ils se confondent dans la pratique fort heureusement”, “je ne confonds pas” “puisqu’ils se confondent”… ?

Pour ma part, j’ai traité de tous ces sujets de manière plus développée dans plusieurs notes inscrites dans la rubrique “Love religion” sur mon blog (colonne de gauche). Cela permettrait de continuer éventuellement cette discussion sur des bases plus précises…

Commentaire par grellety septembre 19, 2007 @ 9:41

ouin gretilly a raison

Commentaire par aramil mai 31, 2008 @ 9:21



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