Classé dans : Non, rien
Il y a ce quartier que je connais bien, que je foule tantôt du pied, tantôt des roues depuis des années, il y a ce quartier qui contient mes lieux musicaux préférés, Divan du Monde, Cigale, Elysée-Montmartre, Boule Noire, et caetera, il y a ce quartier où les dîners sont toujours épicés, où pas une minute ne se passe sans qu’un saugrenu ne prenne place, sans qu’un imprévu ne survienne, au nord de l’avenue Trudaine, au sud de la rue des Abbesses, à l’est de la place Clichy, à l’ouest de la fourmilière Barbès.Il y a ce Pigalle en néons avec ces nocturnes papillons qui s’aglutinent à toutes les sueurs, les bars à putes comme autant de papiers tue-mouches, les boutiques de souvenirs comme autant d’attrape-couillons, les Tour Eiffel en plastique, les godemichés en latex, les tee-shirt marqués Sorbonne, les cars en double-file et tant de queues en berne, les sourires figés au botox et les fards bleu turquoise qui débordent, la vulgarité bien rangée dans les soufflets des portefeuilles, les bas résille mauvais marché qui filent avec les dernières illusions, les clodos en guenilles qui quadrillent leur prison à longueur de journée, la pauvreté froissée au fond des poches, les junkies qui errent entre deux shoots, et les bobos qui font leurs courses au marché bio, les zikos qui dépensent leurs pièces jaunes pour la dernière pédale d’effet… et tout le secondaire.
Ici on vous ferait croire au paradis quand ce n’est pas à l’enfer.
J’aime Pigalle avec ses excès, sa beauté, son désespoir, sa crasse et ses dangers, ses instants de grâce, aussi. J’aime Pigalle parce qu’ici c’est le purgatoire, parce qu’on y voit l’humanité dans sa réalité.
Ici c’est le lieu des bannis, alors j’aimerais que l’on cesse de s’étonner que la banlieue s’y sente chez elle.
Et si ça pète à Pigalle, comme on dit, si les bandes rivales s’y affrontent, si la police joue l’apaisement depuis les “événements”, comme ils disent, du mois d’août, parce que cette merde est indécrottable, même au kärcher : est-ce que ça ne voudrait pas simplement dire que c’est à deux doigts de péter partout ?
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C’est pareil chez moi, différent, mais tellement pareil…
Commentaire par Berlin Belleville septembre 14, 2007 @ 10:14Ouais…. je crois que c’en est pas loin. Triste.
Commentaire par Parisian Cowboy septembre 28, 2007 @ 1:33Je valide Pigalle!!Belle description!! Enfin vu que c’est mon quartier……. c’est du favoritisme oui et alors?!
Commentaire par Dyns octobre 9, 2007 @ 4:24Remarque, rue Doudoville, juste à côté de Montmartre, cet été, alors que je sirotais une punch planteur Chez Lhomis, j’ai vu deux bastons en une heure …dont une assez grave puisque les flics sont intervenus …c’est vrai que tu ne t’ennuies pas dans ce genre de quartier …
Commentaire par Tietie007 octobre 14, 2007 @ 4:44oh, c’est beau…
Commentaire par julip octobre 29, 2007 @ 6:37